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1 novembre, 2011

AU SECOURS !

Classé sous Non classé — Migas @ 13:51

 POLISSE

Alors que les critiques encensent le dernier long-métrage de Maïwenn « Polisse », je ne peux m’empêcher de formuler quelques critiques..

Le film s’ouvre sur un face à face entre une enfant et une enquêtrice de la Brigade de Protection des Mineurs. Quelques échanges verbaux, une caméra qui traque les personnages, s’enroule à hauteur de l’enfant, qui écoute, qui scrute. Le ton est donné. Le sujet est posé. Le père est mis en cause : pédophilie. L’enfant parle, raconte une « série d’attouchements », que son papa lui « gratte les fesses », la nuit pendant son sommeil. L’enquêtrice questionne la petite fille, formule et reformule ses mots, ses expressions, pour être sure de bien comprendre, de soulever les doutes et les approximations verbales. Lors de cet échange, les personnages ont une présence très forte, proche du documentaire. L’enjeu de cette scène est également considérable. Comment discerner la part de réalité et de fiction dans une parole d’enfant? Quand cette parole peut mener un père en prison, ou laisser un enfant dans la maltraitance. L’enquêtrice capte les signes, juge au feeling, au sentiment général qui se dégage. Mais rien n’est évident, et la responsabilité écrasante.

J’ai aimé cette scène d’introduction. Puis, le film a changé.


Exit la parole d’enfant. A présent, s’installe une ambiance bon enfant proche du sitcom « Hélène et les garçons » ou d’un reality show. Une joyeuse bande de copains se retrouve à la cafet pour « jouter », se vanner, bref, décompresser. Tous différents, tous soudés. Chacun y va de son histoire personnelle, bancale, agitée. Et tous vivent au rythme des appels téléphonique du service, des urgences, des interrogatoires musclés.

Je n’ai pas trouvé ces instants inintéressants, mais cela m’a donné une impression de déjà-vu, de déjà fait. Il y a dans ces plans une façon de ne pas filmer le sujet, de rester à côté, pour ne pas avoir l’air trop grave. Maïwenn travaille la vanne, le fait divers. Dès qu’elle peut s’échapper, elle le fait. Les plans les plus réussis deviennent ceux qui sont le plus étranger au film: une fête dans une discothèque, filmée comme une nécessité, une urgence.

Les enfants, quant à eux, ont rapidement quitté l’écran, laissant leur place aux grands, aux stars de l’écran. Et partir de là, le film se regarde benoîtement, presque en baillant. C’est gras, c’est gros, ça vole pas très haut. Dommage.


Là où le film devient franchement agaçant, c’est dans la volonté de Maïwenn de multiplier les efforts pour nous faire partager son regard tendre et amoureux sur Joey Star. La critique n’en peut plus de vanter sa prestation, criante de justesse et de sincérité. La critique a été séduite comme Maïwenn par ce grand gaillard au grand coeur. Mais,dans un film où la loi est garante du cadre, comment plaider en faveur d’un personnage qui insulte à tours de bras, qui dérape en interrogatoires, violente collègues et hiérarchie ? Un personnage constamment sur le fil du rasoir, dont on tremble à chaque instant qu’il ne craque, casse, crie, tape. Certes, Monsieur a l’élégance d’être sensible,de vibrer, de faire craquer femmes et enfants. Mais comment ? En prêtant son arme à une jeune stagiaire pour la faire kiffer, façon racaille, qui bande le gyrophare et beugle à tout va que c’est lui le flic, le détenteur de la carte qui lui confie les pleins pouvoirs sur tout et n’importe quoi. Maïwenn interprète elle-même cette jeune stagiaire coincée, coiffée d’un chignon façon mémère et affublée de grosses lunettes façon intello cucul. Et l’actrice réalisatrice se met alors à filmer son flirt, avec rococo et effets de caméra pesants.

L’amour rend aveugle. Et Maïwenn ne manque pas une occasion de le mettre en scène. Joey Star devient celui qui la libère, qui la sort de son milieu bourgeois, qui lui fait devenir femme et la protège, façon gros muscles, regard cassé, bouche cabossée, dents défoncées. Maïwenn filme avec grand talent ce délire érotico/amoureux. Autant vous dire que cette histoire, déroulée sous nos yeux complices et légèrement voyeurs, finit par gêner. Mais la réalisatrice, très inspirée sur le sujet, réalise finalement là les scènes les plus justes, les plus fortes de son film. Nous montrer son penchant pour un macho marginal est un régal, qu’elle nous délivre « à l’insu de son plein gré ». La Brigade de Protection des Mineurs devient alors le simple décor du vrai sujet du film : comment je suis tombée amoureuse de Joey Star.


Le film « Présumé coupable » est le contre-point total du film Polisse. Là, l’on filme le monde carcéral sans filtre ni effets stroboscopiques. Un seul personnage central, des personnages secondaires pour le servir. Un don de soi,de part et d’autre de la caméra. Dans ce genre de films, tout le monde y laisse des plumes, y compris le spectateur. Et c’est très bien, parce que c’est la vie, aussi, dans ce qu’elle a de plus sombre. Et quand on a le courage d’aborder un tel sujet avec honnêteté, on ne peut pas faire moins.

Dominique Mulmann

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17 septembre, 2010

The Killer inside me

Classé sous Sorties cine — Migas @ 19:07

THE KILLER INSIDE ME **

Noir ! Un excellent film noir américain. Un scénario solide mêlant passé trouble à un présent psychotique pour un film très sombre et très violent. Deux scènes de crime sont à la limite du supportable. Les images 50 lisses et lèchées  et le visage de « poupon » de Casey Affleck marquent un décalage et accentuent le sordide des événements et leur inexorabilité. On comprend très vite que le personnage ne maîtrise aucunement ses pulsions.
Très réussi.

Vu au Forum de Laon
M.G.

The Killer Inside Me

 

6 juin, 2008

MARADONA PAR KUSTURICA

Classé sous Sorties cine — Migas @ 9:29

MARADONA PAR KUSTURICA
Un film d’Emir Kusturica

J’ai vu, sur Internet, un entretien avec Kusturica et Maradona et à la suite, la bande annonce du film. J’ai de suite pensé à un grand film, résultat d’une rencontre étonnante. Je suis allé le voir et je n’ai découvert qu’un mauvais documentaire.

Maradona By Kusturica - Emir Kusturica et Diego Maradona

Le film est construit sur un malentendu, celui de croire ou de faire croire que Diego Maradona est autre chose qu’un merveilleux footballeur.
Le talent du sportif, C’était déjà pas mal, pour les amateurs de foot, ça leur suffisait. Mais  ceux qui ne suivent pas ce sport attendaient autre chose. Ce que la bande annonce laissait supposer, c’est que Maradona était un aventurier, voire un guerillero ayant mené une vie trépidante, dangereuse et engagée. Les entretiens avec le footballeur détruisent cette image. Il reste un sportif, de haut niveau, remarquable footballeur, ignare en politique (il ne suffit pas d’être anti Busch ni de serrer la main à Fidel Castro pour être révolutionnaire), incapable d’énoncer une quelconque idée intéressante, grossier avec son épouse (voire violent !?), ayant sombré dans la toxicomanie un certain temps, bref, un personnage ennuyeux. Le film qui devait lui être consacré aurait du « glorifier » son art et se limiter à cela.
Par ailleurs la technique vidéo, en caméra portée, est pénible pour les yeux : images laides sans arrêt en mouvement. Les animations qui ponctuent les séquences « entretiens » ou « actualités », dans un style « Harakiri », ne sont pas convainquantes car elles constituent un interlude trop systématique.

Un ratage d’Emir Kusturica (qui demeure tout de même un de mes cinéastes préférés)

Michel

9 avril, 2008

No Country for old men

Classé sous Sorties cine — Migas @ 22:02

NO COUNTRY FOR OLD MEN ***

des frères COEN

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Ce film des frères Coen est un film de série noire, un véritable policier, sombre, glauque et violent. Une histoire banale, si on peut dire, de traffic de drogue. Le point de départ du thème n’est pas primordial car il est surtout question, comme dans d’autres excellents films américains récents, de perte de repères, de mémoire et de valeurs. L’excellent policier interprété magnifiquement par Tommy Lee Jones est en complet décallage avec ce que deviennent les Etats Unis d’Amérique et le monde en général. Dans le combat mené contre le banditisme, nos anciens ne s’y retrouve plus, face à la démesure et à l’ultra violence gratuite. Pas question ici d’autodéfense mais tout simplement de la disparition d’un monde, du monde humain peut-être, tout simplement.

Un film magnifique des frères Coen, une interprétation formidable des acteurs dont une performance singulière de tueur psychopathe par Javier Bardem, acteur espagnol doté d’une extraordinaire présence.

 

 

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