Cinéscopie

18 avril, 2012

TWIXT

Classé sous Non classé,Sorties cine — Migas @ 19:34

TWIXT **

de Francis Ford Coppola

Un moment donné, je me suis dit que ce film pourrait être un peu le « Twin Peaks » de Francis Ford Coppola avec un meurtre mystérieux dans une petite ville américaine typique avec des gens « barrés », des étrangetés et la sensation de ne pas y comprendre grand chose tout en étant fasciné par l’histoire.

C’est vrai qu’il y a quelque chose d’envoûtant dans ce film et qu’il est, à plus d’un égard, proche de l’univers de David Lynch.

Twixt est l’histoire d’un écrivain médiocre, une sorte de sous Stephen King, qui est un homme brisé par la mort accidentelle de sa fille, un homme qui sombre dans l’alcoolisme et va tenter de refaire surface en écrivant, pour une fois, une oeuvre personnelle et digne d’intérêt. Pour s’en sortir, il va volontairement plonger dans un monde parallèle où la mort flirte avec les vivants, les nymphettes sont des vampires. Guidé par son maître, Edgar Allan Poe, il part à la recherche de « l’intolérable », la mort réunie à l’amour, afin de dénouer l’énigme d’un meurtre étrange, celui d’une adolescente transpercée par un pieu.

Le film est esthétiquement très beau et on peut le lire à différents niveaux. Celui de la psychanalyse s’impose, à mon avis, mais pas de manière très sérieuse. D’ailleurs, Coppola, avec son film, prend du recul et nous donne un commentaire final non dénué d’humour, confinant ce récit abracadabrant dans une pseudo-réalité estampillée.

Twixt n’est peut-être pas tout à fait réussi mais il nous faut tout de même remercier Coppola et tous les cinéastes qui savent encore nous surprendre avec leurs films, nous étonner, nous déranger et nous émerveiller.

M. G.
J’ai vu ce film au Cinq Caumartin
Il n’était pas annoncer comme devant être projeté en numérique mais ce fut le cas, bien malheureusement.

 

 

TWIXT dans Sorties cine Twixt_new

1 novembre, 2011

AU SECOURS !

Classé sous Non classé — Migas @ 13:51

 POLISSE

Alors que les critiques encensent le dernier long-métrage de Maïwenn « Polisse », je ne peux m’empêcher de formuler quelques critiques..

Le film s’ouvre sur un face à face entre une enfant et une enquêtrice de la Brigade de Protection des Mineurs. Quelques échanges verbaux, une caméra qui traque les personnages, s’enroule à hauteur de l’enfant, qui écoute, qui scrute. Le ton est donné. Le sujet est posé. Le père est mis en cause : pédophilie. L’enfant parle, raconte une « série d’attouchements », que son papa lui « gratte les fesses », la nuit pendant son sommeil. L’enquêtrice questionne la petite fille, formule et reformule ses mots, ses expressions, pour être sure de bien comprendre, de soulever les doutes et les approximations verbales. Lors de cet échange, les personnages ont une présence très forte, proche du documentaire. L’enjeu de cette scène est également considérable. Comment discerner la part de réalité et de fiction dans une parole d’enfant? Quand cette parole peut mener un père en prison, ou laisser un enfant dans la maltraitance. L’enquêtrice capte les signes, juge au feeling, au sentiment général qui se dégage. Mais rien n’est évident, et la responsabilité écrasante.

J’ai aimé cette scène d’introduction. Puis, le film a changé.


Exit la parole d’enfant. A présent, s’installe une ambiance bon enfant proche du sitcom « Hélène et les garçons » ou d’un reality show. Une joyeuse bande de copains se retrouve à la cafet pour « jouter », se vanner, bref, décompresser. Tous différents, tous soudés. Chacun y va de son histoire personnelle, bancale, agitée. Et tous vivent au rythme des appels téléphonique du service, des urgences, des interrogatoires musclés.

Je n’ai pas trouvé ces instants inintéressants, mais cela m’a donné une impression de déjà-vu, de déjà fait. Il y a dans ces plans une façon de ne pas filmer le sujet, de rester à côté, pour ne pas avoir l’air trop grave. Maïwenn travaille la vanne, le fait divers. Dès qu’elle peut s’échapper, elle le fait. Les plans les plus réussis deviennent ceux qui sont le plus étranger au film: une fête dans une discothèque, filmée comme une nécessité, une urgence.

Les enfants, quant à eux, ont rapidement quitté l’écran, laissant leur place aux grands, aux stars de l’écran. Et partir de là, le film se regarde benoîtement, presque en baillant. C’est gras, c’est gros, ça vole pas très haut. Dommage.


Là où le film devient franchement agaçant, c’est dans la volonté de Maïwenn de multiplier les efforts pour nous faire partager son regard tendre et amoureux sur Joey Star. La critique n’en peut plus de vanter sa prestation, criante de justesse et de sincérité. La critique a été séduite comme Maïwenn par ce grand gaillard au grand coeur. Mais,dans un film où la loi est garante du cadre, comment plaider en faveur d’un personnage qui insulte à tours de bras, qui dérape en interrogatoires, violente collègues et hiérarchie ? Un personnage constamment sur le fil du rasoir, dont on tremble à chaque instant qu’il ne craque, casse, crie, tape. Certes, Monsieur a l’élégance d’être sensible,de vibrer, de faire craquer femmes et enfants. Mais comment ? En prêtant son arme à une jeune stagiaire pour la faire kiffer, façon racaille, qui bande le gyrophare et beugle à tout va que c’est lui le flic, le détenteur de la carte qui lui confie les pleins pouvoirs sur tout et n’importe quoi. Maïwenn interprète elle-même cette jeune stagiaire coincée, coiffée d’un chignon façon mémère et affublée de grosses lunettes façon intello cucul. Et l’actrice réalisatrice se met alors à filmer son flirt, avec rococo et effets de caméra pesants.

L’amour rend aveugle. Et Maïwenn ne manque pas une occasion de le mettre en scène. Joey Star devient celui qui la libère, qui la sort de son milieu bourgeois, qui lui fait devenir femme et la protège, façon gros muscles, regard cassé, bouche cabossée, dents défoncées. Maïwenn filme avec grand talent ce délire érotico/amoureux. Autant vous dire que cette histoire, déroulée sous nos yeux complices et légèrement voyeurs, finit par gêner. Mais la réalisatrice, très inspirée sur le sujet, réalise finalement là les scènes les plus justes, les plus fortes de son film. Nous montrer son penchant pour un macho marginal est un régal, qu’elle nous délivre « à l’insu de son plein gré ». La Brigade de Protection des Mineurs devient alors le simple décor du vrai sujet du film : comment je suis tombée amoureuse de Joey Star.


Le film « Présumé coupable » est le contre-point total du film Polisse. Là, l’on filme le monde carcéral sans filtre ni effets stroboscopiques. Un seul personnage central, des personnages secondaires pour le servir. Un don de soi,de part et d’autre de la caméra. Dans ce genre de films, tout le monde y laisse des plumes, y compris le spectateur. Et c’est très bien, parce que c’est la vie, aussi, dans ce qu’elle a de plus sombre. Et quand on a le courage d’aborder un tel sujet avec honnêteté, on ne peut pas faire moins.

Dominique Mulmann

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28 octobre, 2011

Tintin

Classé sous Non classé,Sorties cine — Migas @ 21:25

Les Aventures de Tintin
Le Secret de la Licorne

Dans la rubrique : encore un film que je n’ai pas vu et que je n’irai pas voir (et tant pis si je me trompe) :
Tintin et Le Secret de la Licorme de Steven Spielberg.
Il y a peu, on a voulu faire interdire « Tintin au Congo » pour cause de vision raciste de l’Afrique
et voilà qu’aujourd’hui, les Américains transforment les personnages d’Hergé en poupées gonflables.
Décidément, Tintin est bien maltraité ces temps-ci.

Mon jugement n’est construit qu’à partir de la vision de la bande annonce, de quelques extraits et de photographies.

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Ce qui me saute aux yeux, c’est la laideur extrême des personnages. Je ne sais à qui revient la palme, mais Milou est, dans le genre, très « réussi ». Les corps semblent gonflés, les visages liftés et l’effet obtenu est une caricature grossière des personnages dessinés. La technique utilisée s’avère incapable de rendre la fraîcheur, la limpidité, la merveilleuse simplicité des dessins d’Hergé.

Tintin et ses amis sont interprétés par des comédiens qui jouent sans décors. Les images sont reprises sur l’ordinateur et peaufinées à l’extrême. Il n’y a pas une once d’humanité dans le résultat.

Les aventures de Tintin n’ont jamais été très bien adaptées à l’écran.
Tintin et le mystère de la toison d’or (André Barret, 1960) et Tintin et les oranges bleues (Philippe Condroyer, 1964) ne furent pas des réussites bien que l’interprétation de Jean-Pierre Talbot ne fut pas dénuée d’intérêt.

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La version de 1947 par Claude Misonne, avec des marionnettes avait un certain charme.

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Mais le seul hommage vraiment réussi au héros de bande dessinée fut, à mon avis L’Homme de Rio de Philippe de Broca (1964) avec Jean-Paul Belmondo. Tout y est : l’aventure, la fraîcheur, l’innocence…
Il ne s’agit pas d’une adaptation de Tintin mais d’une inspiration. Les personnages ont le même charme et la même subtilité dénuée de psychologie réaliste.

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Quand on a l’excellent, pourquoi chercher l’impossible. La perfection était déjà atteinte, par Hergé lui-même.

M. Gasqui

18 octobre, 2011

Cinéma et vidéo numérique 4

Classé sous Non classé,Polemique — Migas @ 14:33

Des Discours nostalgiques puérils !

On croit rêver ! Mais c’est vrai qu’ils ont tellement peur de louper le coche !

Nous n’avons pas entendu, au cours du colloque, de discours nostalgiques puérils autour de la pellicule. On sent en effet qu’une page est tournée, même si elle l’a été trop brutalement pour certains. Quand Milt Shefter, de l’Academy of Motion Picture, venu tout spécialement de Hollywood, nous dit qu’il faudrait classer la pellicule comme patrimoine de l’Humanité, au même titre que la pierre de Rosette, cela signifie beaucoup, que le support pelliculaire est presque déjà entré en tant que tel au musée des techniques.
(A propos du colloque sur le numérique citation piraté sur le site de la Cinémathèque française)

M.Milt Shefter et ses copains adultes ont tout compris !

Le Cinéphile puéril (Masqué).

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10 octobre, 2011

HABEMUS PAPAM

Classé sous Non classé,Sorties cine — Migas @ 12:13

HABEMUS PAPAM

Comédie dramatique de Nanni Moretti – Italie (2011)

Quand le pape élu fait une crise de foi

Avec « Habemus Papam », son dernier long-métrage, le réalisateur italien Nanni Moretti nous conte comment un pape élu en conclave fait une  crise de foi just’avant que l’annonce soit rendue publique et qu’un psy soit appelé d’urgence à son secours. Mais le Chef de l’Eglise catholique romaine, en proie au doute, file en douce…
Pris de vertiges au moment d’apparaître au balcon du Saint-Siège à Rome où des milliers de pélerins attendent sa bénédiction sous la pluie, Michel Piccoli est  ce « pape » qui va abandonner la curie et son protocole pour s’égarer hors les murs, à la recherche de son passé. Tandis que le chef du protocole invente quelques indispensables fables aux prélats réunis sous les ors du Vatican, un psy requis d’urgence (Nanni Moretti), otage de cette situation ubuesque et en l’absence de patient, compose des équipes de handball avec les membres de la communauté religieuse qu’il faut absolument distraire tandis qu’on recherche le disparu.
Pour ce rôle tout en nuances où la détresse de l’homme placé au plus haut niveau de responsabilité de l’Eglise est palpable à chaque instant, Michel Piccoli eut, selon nous, mérité un Prix d’Interprétation à Cannes 2011.  Quant à Nanni Moretti, il confirme, une fois encore, son talent de cinéaste et d’acteur.

jga

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WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN

Classé sous Non classé,Sorties cine — Migas @ 12:06

 

We need to talk about Kevin

de Lynne Ramsay (GB-USA 2011)

Autopsie d’un massacre prévu
Autopsie d’un massacre prévu en Université américaine, « Wee need to talk about Kevin », film de Lynne Ramsay, conte par flash-back la vie du jeune Kevin à travers le regard de sa mère plongée, depuis sa naissance, dans une angoisse croissante.
L’actrice britannique Tilda Swinton, remarquable, campe ici un personnage de mère attentive mais inquiète puis désemparée, et finalement angoissée par l’attitude de Kevin, enfant franchement provocateur et adolescent plus que complexe. Le père attendri, ne se pose aucune question quant au comportement étrange de ce garçon conçu dans la joie.

Jusqu’au drame suggéré, le spectateur – s’il n’est pas trop sensible à la couleur rouge/sang omniprésente – est scotché au fauteuil, en proie au doute latent, se posant mille questions sur cet enfant hors normes. L’anxiété est permanente dans l’analyse au plus près de la non-relation mère/enfant. Et le talent de Tilda Swinton y est pour quelque chose…Jacqueline

Jacqueline Gamblin

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6 octobre, 2011

Le Thaumatrope

Classé sous Histoire,Non classé — Migas @ 18:07

LE THAUMATROPE

Le Thaumatrope (du grec thauma, prodige et tropion, tourner) fut (symboliquement) inventé par le Docteur John Ayrton Paris dans les années 1820/1825. Sa paternité est souvent attribuée au Docteur Fitton. Le mathématicien anglais Peter Ark Roget  l’aurait étudié auparavant et Le belge Joseph Plateau le décrit précisément en 1929.

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Le principe du thaumatrope est le suivant : un disque cartonné (qui d’ailleurs peut aussi avoir une forme carrée) possède un dessin sur chacune de ses faces (les deux dessins sont inversés haut/bas ou gauche/droite). Lorsque le disque entre en mouvement rapide devant nos yeux, offrant ses deux faces l’une après l’autre, les deux dessins se supperposent pour ne plus en former qu’un seul. Ce phénomène, qui ne montre pas du mouvement mais une superposition, met en évidence le principe de persistance rétinienne (aujourd’hui très contesté mais non remplacé).

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24 juin, 2011

Une Séparation

Classé sous Non classé — Migas @ 18:59

« Une séparation »
(Iran) de Asqhar Farhadi 

L’image et le son pour le dire 

Avec « Une séparation », son dernier long-métrage, le réalisateur iranien indépendant Asqhar Farhadi, nous invite à pénétrer au sein d’une famille éduquée, déchirée par un divorce compliqué par un différend complexe l’opposant à une aide-ménagère très religieuse. L’image et le son, manipulés avec brio compte tenu de la censure dans le pays, disent le drame qui se noue sous nos yeux dans une atmosphère de suspens et de documentaire.

Dans le confort de leur appartement bourgeois de Téhéran, Nader laisse sa femme partir, gardant avec lui leur fille de 11 ans et son père, atteint de la maladie d’Alzheimer dont il ne veut pas se séparer. Le juge déboute l’épouse, réfugiée chez ses parents, de sa demande de divorce et de la garde de leur enfant. Nader engage une aide-ménagère, une femme pauvre et très croyante qui n’en dit rien à son époux violent que le chômage déprime. Chaque jour, en l’absence de Nader et de son adolescente, elle vient, drapée dans son tchador et accompagnée de sa fille en bas âge, faire quelques petits travaux et veiller sur le vieux monsieur très dépendant. Contrainte à accomplir auprès de lui des tâches considérées comme autant de « pêchés » au regard de sa religion, elle s’absente momentanément, le laissant sans surveillance. Nader et sa fille le retrouvent au bord de l’asphyxie.

Furieux, le jeune homme licencie la femme de ménage qui n’entend pas partir sans être payée. Il la pousse sur le palier. Elle dépose plainte, prétendant une fausse-couche dans l’escalier. Soumis aux invectives et menaces du mari furieux et déterminé à obtenir des indemnités, menacé d’emprisonnement par le juge, Nader doit son salut à son ex-épouse, qui l’aime encore et qui paie la caution demandée. Elle va même jusqu’à faire une discrète enquête et à entamer une négociation à l’amiable avec la femme de ménage, alors que la phase finale de son divorce s’amorce.

Placé en position de juge-arbitre face à ce film émouvant, fort, et beau, le spectateur est partagé entre tradition et modernité, religion et justice dans l’Iran d’aujourd’hui. Réalisateur de films à succès  (« La Fête du feu » et de « A propos d’Elly »),  Asqhar Farhadi propose, avec « Une séparation »*, le temps d’une réflexion profonde, un moment fort et courageux du cinéma iranien trop souvent soumis à la censure.

Jacqueline Gamblin

* Ours d’Or au Festival de Berlin 2011, et Ours d’Argent, Meilleur Acteur et Meilleure Actrice.

Une Séparation

 

15 mai, 2011

Detective Dee

Classé sous Non classé — Migas @ 10:48

DETECTIVE DEE **Détective Dee est une superproduction magnifique avec des décors gigantesques, des costumes splendides, une musique inspirée, de l’action de l’aventure et une chorégraphie réussie – chaque scène de combat étant réglée comme une danse virevoltante. Le film est aussi un film policier fantastique ancré dans les croyances et superstitions moyenâgeuses – si l’on peut s’exprimer ainsi pour un pays comme la Chine - à l’instar du Roman de la rose de Jean-Jacques Annaud. Le scénario nous tient en haleine, on est fasciné par les images. C’est incontestablement une belle réussite.

M.G.
Vu au cinéma Le Clovis de Soissons

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18 février, 2010

Tetro

Classé sous Non classé,Sorties cine — Migas @ 8:41

TETRO ***

Magnifique !

Un chef d’oeuvre de Francis Ford Coppola. Un opéra, entre Rumble Fish et Le Parrain, dans un magnifique noir et blanc ou bien une tragédie magnifiée par une bande son sublime. Entre le drame et la comédie, le tango et le ballet classique, on flirt parfois avec Fellini…
Quel pied !

Michel

Vu à l’Espace des arts des Pavillons-sous-bois

Tetro dans Sorties cine

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