Cinéscopie

1 juillet, 2014

Les Films de ma collection 7

Classé sous animation,Films de ma collection — Migas @ 15:14

LES FILMS DE MA COLLECTION :
Films d’animation

Carrousel Boréal de Ladislas Staréwitch

J‘ai acheté ce merveilleux petit film de Ladislas Staréwitch à Jean-Yves Fontaine. Autant dire que je me suis précipité pour l’avoir lorsque je l’ai vu passé sur EBay. Fait du hasard, j’avais assisté, peu de temps auparavant à un ciné-concert dans lequel ce même film était programmé. Peu convaincu par le travail des musiciens accompagnateurs[1], j’avais par contre été complètement séduit par la fraîcheur qui se dégageait de « Carrousel Boréal » et ses couleurs magnifiques. J’ai retrouvé le même plaisir en regardant ma copie 16mm aux couleurs impeccables. 

 

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CARROUSEL BORÉAL
(Winter Carousel)
Film en couleur, 350 mètres (12 minutes), 1958

Le film a été produit par Alexandre Kamenka (les films ALKAM) qui signe la direction artistique.
Scénario, animation et marionnettes : Irène et Ladislas Staréwitch
Musique : Daniel White
Ingénieur du son : René Louge
Enregistrement : Studio Marignan
Laboratoire Eclair
Il s’agit du dernier film achevé de Ladsilas Staréwitch.

Scénario

C’est l’hiver dans un paysage de campagne enneigé avec un lac gelé à souhait pour s’adonner au patin à glace. Deux personnages, un ours brun et un lapin, espiègles, ne demandent qu’à s’amuser. Survient une jeune ourse sur son traineau tiré par trois lapins qui accepte bien volontiers de partager leurs jeux. La belle, chaussée de ses patins, perd intentionnellement son mouchoir. Un des compères le ramasse, fait mine de lui rendre mais le subtilise au dernier moment. Il s’ensuit une série de jeux, courses poursuites et autres glissades sur la glace. Bientôt, alors que l’on perçoit le début de la fonte des neiges, arrive le moment de la séparation. L’ourse blanche doit s’en retourner. Nos deux compères se retrouvent seuls et tristes mais l’hiver va laisser le place au printemps. Alors, le bonhomme de neige, curieux personnage, se transforme en un bonhomme de printemps, musicien, aux yeux en fleurs et qui ressemble vaguement à une cigale.

 Le Style Staréwitch

Le film possède un charme particulier propre aux œuvres de Staréwitch. Fraîcheur du sujet, espièglerie des personnages, réalisme dans les attitudes et les émotions, précision des mouvements constituent, entre autres caractéristiques, le style du cinéaste. A l’instar des réalisateurs de films d’animation les plus réputés, Staréwitch crée du mouvement, donne de la vie à des objets inanimés qui, grâce à lui, bougent, marchent, glissent, accomplissent des gestes originaux et merveilleux ; toutes choses qui caractérisent sa technique d’animation qu’il nomme « Plastique animée ». Dans le « Carrousel Boréal », les personnages sont des animaux en peluche mais l’animation de Staréwitch leur donne une dimension naturaliste. Les yeux, la finesse des doigts, la petite langue gourmande de l’ours brun ou de ses compagnons léchant la glace, par exemple, sont des éléments qui participent à donner de la vie aux marionnettes.

 Des techniques « délicieusement » artisanales

Les trucages tiennent de la « méthode Méliès » : fééries et tours de magie délicieux. Stanislas Staréwitych utilise l’effet kaléidoscope, les chromotropes[2] en fond pour le carrousel, le décor défilant derrière les personnages pour simuler un traveling latéral accompagnant les personnages, les fils transparents (cheveux d’Irène ?[3]) pour maintenir les personnages en apesanteur, les miroirs pour représenter le lac dégelé, des fils tremblotants sortant de la gueule du lapin pour signifier ses sifflements, les fondus enchaînés pour marquer le passage de l’hiver au printemps. La musique, un peu désuète, accompagne gentiment les images . La palette des couleurs est particulièrement riche. Dans la première partie, des tâches de couleurs vives (bleu, vert, rouge) appartenant aux vêtements des personnages virevoltent sur des décors enneigés colorés de couleurs tendres alliées au blanc (bleu, vert, rose). Ensuite, l’apparition du printemps laisse les couleurs s’emparer gaiement et sans mesure des décors et des accessoires.

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Le carrousel tient une place centrale dans la construction de l’histoire et dans le temps réel du déroulement du film puisqu’il se situe au milieu. Il s’agit d’un sapin brillant de mille feux qui tourne en emportant nos amis dans une ronde endiablée. Le printemps engendre de nouveaux jeux, de nouvelles activités entreprises avec toujours autant de légèreté ! Les jouets en peluche qui incarnent les personnages principaux se voient, à plusieurs moments rejoints par des animaux plus familiers de Staréwitch tels deux mulots qui jouent aux dés, des oiseaux dans le nid, une cigale et une fourmi construisant une cabane de bois. Le film s’achève sur un rêve, un songe… L’ours brun voit la belle ourse dans son traineau navigant dans le ciel aux côtés de la Grande Ourse… Rêveur, il effeuille une marguerite… Le nœud rouge offert par la jeune amie s’envole et se transforme en papillon puis devient le mot FIN.
L’amour était au rendez-vous…

Avec Carrousel Boréal, Stanislas Staréwitch a réalisé un film pour enfants, dans l’esprit des films réalisés à la demande de Sonika Bo[4], après guerre, mais la délicate poésie et le charme exceptionnel de son animation étendent son intérêt sur un public bien plus large.

A lire :
– Ladislas Staréwitch, 1882-1965
Par Léona Béatrice et François Martin
Editions L’Harmattan, 2003.
Sur le web : http://Is.-pagesperso–orange.-fr

A voir, en ciné-concert :
(il ne s’agit pas de celui cité plus haut)
L’Univers animé de L. Staréwitch
Création 2008/2009 de l’Euphonium Quartet, ce ciné-concert composé de quatre courts de Ladislsas Staréwitch (Le Rat des villes et le Rat des champs, le Lion devenu vieux, Fétiche Mascotte et un inédit, La Reine des Papillons) vise à explorer le monde du réalisateur et de son voyage jusqu’en France par des jeux de musiques traditionnelles, atmosphères et autres astuces ludiques.

Contact : Marie-Catherine Henry, Euphoniumbigband
Tél : 02.35.08.20.29
www.euphoniumbigband.com

(M. G.  article paru dans Cinéscopie n°21, mars 2011)


[1] Ceux-ci avaient enlevé le son des films projetés pour le remplacer par leur propre bande son.

[2] Chromotrope : variation de la plaque de lanterne magique en rosace. Les images sur les plaques, fixes et mobiles, représentent des spirales ou des motifs en zigzag qui, lorsque tournés l’un contre l’autre, produisent des motifs de moirage ou d’interférence. A la projection, les effets sont fascinants.

[3]« Irène a de longs cheveux blonds. Voilà bien son malheur. Car le père d’Irène, Ladislas Staréwitch, les lui arrache un à un pour servir de ficelles invisibles aux poupées animées de leurs films ! » (Cinévogue, 21 avril 1948 – extrait cité par Léona Béatrice et François Martin dans « Ladislas Staréwitch 1882-1965 »).

[4]Sonika Bo a fondé un Club Cinématographique d’enfants, « Cendrillon », en 1933 dont le but est de s’adresser aux enfants de 6 à 12 ans. Dans cette perspective, elle créa une cinémathèque et elle suscita la création de nouveaux films destinés à son public. (dans « Ladislas Staréwitch 1882-1965 »).

 

4 juillet, 2013

Les Films de ma collection (2)

Classé sous animation,Films de ma collection — Migas @ 19:22

Les films de ma collection :
LES FILMS D’ANIMATION

Les Films de ma collection (2) dans animation 110-300x206

L’Archange Gabriel et madame l’Oye
(Archanděl Gabriel a paní Husa)
Marionnettes – 1964 - 29’00 » – Couleur

Scénario et réalisation : Jiří Trnka d’après un conte de Giovanni Boccacio.
Musique : Václav Trojan (pas de dialogues)

Copie 16 mm

En introduction, le générique se présente sous la forme d’un petit dessin animé autonome qui n’est pas sans rappeler le film de Pasolini tiré du Decameron de Boccace. L’histoire se passe à Venise, sous la renaissance. Madame L’Oye est dévorée par une véritable passion pour l’Archange Gabriel. Le moine qui reçoit sa confession – un homme étrange d’une laideur repoussante – s’éprend de la belle pécheresse. Il se déguise en Archange Gabriel et s’introduit chez elle pour la séduire. Les trois frères de la belle démasqueront l’imposteur pour qui tout finira mal.

Les décors, les lumières et les costumes sont splendides. On songe au « Casanova » de Fellini. Les grands animateurs, parmi lesquels on peut classer Trnka, se reconnaissent à l’inventivité dont ils font preuve dans l’animation de leurs personnages. En effet, ils ne cherchent pas à reproduire la réalité mais ils donnent vie à des personnages ou des objets inanimés. La façon dont Dame l’Oye tortille son derrière lorsqu’elle se déplace fait partie des plus belles animations que je connaisse. A la fois amusante et érotique, elle confère au personnage une personnalité singulière très forte. On pense au déplacement de la super girl martienne, interprétée par Lisa Marie, dans « Mars attaque » de Tim Burton.

« L’Archange Gabriel », oeuvre assurément érotique, est la preuve, s’il en faut, que les films d’animation ne sont pas réservés aux enfants. Dame l’Oye est le personnage le plus érotique de Trnka. Elle possède des seins capables de se gonfler quand elle soupire !

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Jiri Trnka

3 juillet, 2013

Les Films de ma collection (1)

Classé sous animation,Films de ma collection — Migas @ 19:14

Les films de ma collection :
Les FILMS D’ANIMATION

Les Films de ma collection (1) dans animation sans-titre

RENAISSANCE – Walerian Borowczyk – 1963
(35 mm – 8’45 » – noir & blanc)
Copie 16 mm
Walerian « Boro » est un des « grands maîtres » du cinéma d’animation. Il réalise « Renaissance » en 1963 après Les Astronautes en 1959 (en collaboration avec Chris Marker) et Le Concert de Monsieur et Madame Kabal en 1962. Boro est surtout connu pour ses « Contes Immoraux » mais je lui préfère nettement « Goto, l’île d’amour » (1968) que je tiens pour un chef d’œuvre (à la croisée des univers de Kafka, Brecht et Ionesco).

Renaissance est une animation d’objets, ou plus exactement une destruction d’objets, montrée à l’envers. Le film démarre sur un décor calciné d’une beauté organique abstraite et peu à peu, par la magie du cinéma, les objets se reconstituent, se repositionnent, créant des mouvements improbables et inquiétants. La chouette se rempaille et retrouve ses plumes et ses yeux, la table remonte sur ses pieds, la trompette se répare, la photographie se débarrasse du noir de fumée qui l’avait envahi, etc.
Une explosion, toute symbolique (mais de quoi ?) est à l’origine et à la fin de tout cela.
Il y a dans cette œuvre une poésie étrange et fascinante.

La simplicité de la technique ainsi que du sujet placent Renaissance aux côtés des œuvres maîtresses d’Emile Cohl ou des précieuses réalisations de Norman McLaren.
Elle est de celles qui possèdent la transparence de l’évidence.

M.G.

http://www.dailymotion.com/video/x12876

 

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Le Musée-Château d’Annecy a consacré un bel ouvrage à l’œuvre de Valerian Borowczyk (en vente chez Heeza : http://www.heeza.fr/fr/)

6 janvier, 2013

Merveille

Classé sous animation — Migas @ 13:17

Voici une petite merveille d’animation :

Lucia
(Chili – 2007)

Un film réalisé par Cristóbal León, Niles Atallah et Joaquín Cociña.

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19 décembre, 2012

Ernest et Célestine

Classé sous animation,Sorties cine — Migas @ 11:32

ERNEST ET CÉLESTINE **

Encore un très « joli » film d’animation. Les personnages d’Ernest et Célestine sont issus d’une série d’albums pour enfants réalisés par l’écrivain et illustratrice belge Gabrielle Vincent. Ces livres précieux possèdent un charme tout particulier qui tient à la douceur des dessins et des couleurs. Les personnages sont comme des « doudous », rassurants et réconfortants pour les petits.
L’adaptation cinématographique est réussie et le scénario, habilement, raconte la rencontre de nos deux personnages. L’animation est sage mis à part le ballet de couleurs qui démarre sur le paysage d’hiver peint par Célestine et les esquisses émouvantes, à la fin du film, qui rendent hommage à la dessinatrice Gabrielle Vincent.

Les deux personnages ne sont pas niais mais s’activent passionnément dans des occupations antinomiques : la peinture pour l’une et la nourriture pour l’autre.
La réalisation est due à Benjamin Renner, auteur du court métrage « La Queue de la souris »(cf. ci-dessous), et le duo Vincent Patar et Stéphane Aubier qui a réalisé en 2007 le fameux « Panique au village ».

Un film à ne pas râter !

M.G.

Ernest et Célestine dans animation ernest-et-celestine-12-12-2012-6-g

« La Queue de la souris » de Benjamin Renner.

 

 

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6 novembre, 2012

Frankenweenie

Classé sous animation,Sorties cine — Migas @ 20:01

FRANKENWEENIE ***

Le retour de Tim Burton !
Après ses deux derniers films, très décevants, on attendait un « Tim Burton » digne du cinéaste. L’attente ne fut pas trop longue. « Frankenweenie » marque le grand retour du génial réalisateur du non moins génial  »Edward Scissorhands ».
« Frankenweenie » est une parfaite réussite : un film d’animation d’épouvante non dénué d’humour ni de tendresse. Les images en noir et blanc sont très belles, les marionnettes expressives, la musique parfaite et le scénario « tient la route ». On pouvait craindre le passage du court au long métrage mais là encore, c’est réussi.
Nous sommes dans l’hommage à un genre, à des films et à des réalisateurs mais plus qu’un simple hommage, « Frankenweenie » est un film du même genre. Burton connaît les codes. Il les applique avec talent et s’amuse avec les citations. Les références s’adressent aux bienheureux cinéphiles et se rapportent aux films phares du cinéma fantastique (Frankenstein, Dracula, Godzilla, Les Gremlins, etc.)  aussi bien qu’aux siens.
On prend un très grand plaisir à voir ce film d’animation qui n’est pas du tout un film pour enfants. Mais les enfants peuvent quand même le voir, à partir de sept ans, ils apprécieront !

M.G.

 Frankenweenie : affiche

 

 

 

 

13 août, 2012

Rebelle

Classé sous animation,Sorties cine — Migas @ 12:18

REBELLE **

Les studios Pixar, à ma connaissance et surtout, à mon avis, sont les seuls à se servir de la technique d’animation sur ordinateur avec un véritable talent de créateur.
Deux points forts :
– Les textures avec des décors et des costumes magnifiques. Mais les choix esthétiques sont ceux « d’artistes inspirés ».
– Les studios ne tentent pas de créer des personnages réels ou vraisemblables mais fabriquent des marionnettes virtuelles animées comme telles.
Il faut ajouter un sens de l’humour inégalé et un don pour émouvoir (parfois aux larmes) les spectateurs sans user d’une trop grande facilité.
Donc, Rebelle est encore une belle réussite qui se distingue par de magnifiques décors, une superbe chevelure rousse et des gags hilarants.

Seul reproche : la présence de chansons débiles « à la mode » (dont la présence ne peut être motivée que par les bénéfices que procureront la vente de la bande son originale du film) qui auraient avantageusement été remplacée par de la musique celtique (déjà présente au demeurant).

M.G.

Rebelle dans animation article_rebelle

 

8 janvier, 2012

Gertie

Classé sous animation,Histoire — Migas @ 19:31

Parmi les pionniers du cinéma d’animation, il faut compter, en premier lieu, le papa de Little Nemo,
Winsor Z. McCay.
Voici son dessin animé « Gertie the dinosaur » réalisé en 1914.

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Autour d’une cabine

Classé sous animation,Histoire — Migas @ 19:25

 

ÉMILE REYNAUD
est l’inventeur du dessin animé non cinématographique.
Après avoir inventé le Praxinoscope, il mit au point le « Théâtre optique » avec lequel il projeta ses dessins animés au Muée Grévin.

Autour d’une cabine :

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Pour tout savoir sur Emile Reynaud, une seule adresse :
http://www.emilereynaud.fr/

Fantasmagorie

Classé sous animation,Histoire — Migas @ 13:41

Le dessin animé « Fantasmagorie » (1908)

d’ÉMILE COHL

est considéré comme le premier dessin animé de l’histoire du cinéma.

 

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Deux livres importants sur ÉMILE COHL :

Fantasmagorie dans animation I-Grande-18009-emile-cohl-linventeur-du-dessin-anime_net-300x224

 

 

 

 

 

 

 

103A-300x218 dans Histoire

 

Ces deux ouvrages sont en vente chez : http://www.heeza.fr/tt

 

 

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