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12 juillet, 2012

Holy Motors

Classé sous Sorties cine — Migas @ 13:59

« HOLY MOTORS »
de Leos Carax


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Génie mai-aimé du cinéma français, le réalisateur Léos Carax
nous invite, avec « Holy Motors », à bord de la longue limo blanche
de « Monsieur Oscar » (Denis Lavant, son acteur-fétiche et son
double), troublant affairiste quittant le domicile familial au matin et nous
entraînant au cœur de la nuit dans sa déambulation fantastique. Et ce, après
nous avoir introduits à bord par une porte coulissante que Carax, en pyjama,
ouvre sur les spectateurs, dos tournés à la caméra, d’une salle de cinéma.

Voici donc Monsieur Oscar très confortablement installé à l’arrière de la
longue limousine blanche pilotée par la distinguée Céline (Edith Scob),
totalement dévouée à son maître. Et Oscar occupé à se grimer qui va, en quelques
heures, composer une dizaine de personnages hallucinants dans un Paris nocturne
magnifié par la magie du cinéma de Carax. De la mendiante au dos cassé,
installée sur le Pont-Neuf, au tueur à la lame exécutant son double, dans une
halle obscure au cours d’une sorte de ballet millimétré, en passant par le
vieillard agonisant dans une chambre de l’Hotel Raphaël près de sa nièce
bien-aimée, le comédien Denis Lavant fait, une fois encore, la preuve de son
incroyable talent.

Mais les temps forts, les plus étranges, dramatiques et
drôles à la fois, résident dans le personnage de « Merde » (du film
« Tokyo »), clodo fou délirant, pieds nus et ongles crochus et gris,
en déambulation dans les égoûts, surgissant dans les allées du cimetière du Père-Lachaise.
La sculpurale Eva Mendes y est posant pour un photographe alors que
« Merde », dépennaillé, jubile en se gavant de fleurs déposées sur
les tombes. Sous les yeux de la foule ahurie, il enlève cette vestale qu’il
conduit jusque dans le ventre putride de la terre, où il transforme sa tunique
haute-couture en une sorte de tchador très seyant. Mais déjà la limousine est
là, où Oscar se démaquille, changeant de perruque et de vêtements sous l’œil
attentif de Céline.

Et c’est Oscar, torse nu, muscles noueux, tendus vers son
accordéon, qui conduit un groupe d’accordéonistes en déambulation nocturne dans
les allées de l’église St-Eustache, entre ombres et lumière. Le même se
livrera, dans quelques minutes, au personnage d’un vieillard agonisant auprès
de sa nièce chérie (Elise Lhomeau) dans une chambre de l’Hotel Raphael. Avant
de céder la place à l’harmonieux et poignant tandem Kylie Minogue-Denis Lavant,
rompant définitivement des liens anciens sur le toit-terrasse de la Samaritaine
envahi par les mauvaises herbes. Nous ne vous livrerons rien de plus de cette
galerie de portraits étranges, magistralement interprétés sous l’œil de la
caméra de Carax, une fois encore très inspiré (« Mauvais sang » 1986,
« Les Amants du Pont-Neuf » (1991)), que les rumeurs, à Cannes 2012,
donnaient gagnant pour la moisson des Prix prestigieux, et qui s’en est reparti
avec celui de la Jeunesse qui ne s’y est pas trompée.

Ne ratez surtout pas les dix dernières minutes de
« Holy Motors », spectacle haletant jusqu’au dernier instant.

Jacqueline Gamblin

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